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Conflit au moyen-orient, élections, incertitude française : les hôteliers indépendants ne peuvent plus affronter seuls les crises en série

  • 14 mars
  • 6 min de lecture

Tribune – Le Cercle des Hôteliers Indépendants (LC) - sources listées en fin de tribune

Par Oliver Steuermann Hôtelier et Président du Cercle LC



Le conflit autour de l’Iran n’est pas seulement une nouvelle ligne dans une chronique géopolitique déjà saturée. Il pèse déjà lourdement sur le voyage et le tourisme au Moyen-Orient et reconfigure les routes entre l’Europe, le Golfe et l’Asie : vols annulés ou déviés, espaces aériens fermés, hausse du prix du pétrole et renchérissement des billets.

Les premières estimations internationales évoquent des dizaines de milliards de dépenses touristiques perdues, des millions de voyageurs qui disparaissent des radars, et une chute des arrivées internationales au Moyen-Orient pouvant atteindre 11 à 27 % en 2026.


Pour la France, ce choc intervient dans un contexte déjà fragilisé : inflation persistante, tensions sociales récurrentes, évacuations de ressortissants depuis les zones de conflit et forte incertitude politique à l’approche des municipales puis de la présidentielle.

L’hôtellerie française, encore marquée par les attentats de 2015 et la crise Covid, se retrouve exposée à une nouvelle combinaison de risques : géopolitiques, économiques, sociaux et psychologiques.


Les signaux qui remontent d’Europe confirment que la carte touristique se recompose déjà. Une partie de la demande se redirige vers des destinations méditerranéennes perçues comme plus stables — Espagne, Italie, Grèce, Canaries — tandis que certaines zones du Moyen-Orient ou de l’Est méditerranéen sont mises « en pause » par les tour-opérateurs.


L’onde de choc ne se limite donc pas aux pays directement impliqués dans le conflit. Elle diffuse dans l’ensemble du marché européen et oblige chaque destination à se repositionner rapidement.


Villes, mer, montagne : personne ne sera épargné

Pour l’hôtellerie française, les conséquences sont multiples et différenciées selon les segments.


À Paris, Lyon ou Marseille, le ralentissement des flux en provenance du Golfe ou d’Asie, combiné à un climat social et sécuritaire tendu, pèse directement sur le haut de gamme et le segment MICE. Les premières données disponibles montrent qu’à Paris, la fréquentation du haut de gamme a déjà reculé d’environ 10 points, pouvant atteindre –20 % certaines semaines, malgré des événements structurants comme la Fashion Week.

Les clientèles moyen-orientales, qui représentaient jusqu’à 15 % des nuitées dans certains établissements 4 et 5 étoiles urbains, sont en net retrait.


Les voyageurs d’affaires internationaux hésitent, tandis que les grands événements d’entreprise sont reportés ou annulés.


Sur la Côte d’Azur, en Bretagne ou sur le littoral atlantique, la dépendance à certaines clientèles premium moyen-orientales rend les palaces et resorts particulièrement vulnérables.


Dans les Alpes et les Pyrénées, les segments incentive et séminaires internationaux figurent historiquement parmi les premiers budgets gelés lors des crises géopolitiques.


Une pression supplémentaire : le comportement contrasté des investisseurs

À l’incertitude opérationnelle s’ajoute une dimension tout aussi structurante : le comportement des investisseurs.


Certains investisseurs institutionnels adoptent aujourd’hui une posture plus prudente face à la montée des taux, à la volatilité géopolitique et aux incertitudes réglementaires.


À l’inverse, les family offices et certains fonds opportunistes voient dans ces périodes de tension des fenêtres d’opportunités : valorisations plus raisonnables, vendeurs plus ouverts à la discussion et actifs hôteliers à repositionner.


Pour les hôteliers, cela signifie que la question n’est plus seulement opérationnelle mais aussi profondément capitalistique : vendre, refinancer, rénover, changer de marque, rester indépendant ou s’adosser à un partenaire.

Des décisions lourdes, souvent prises sans interlocuteur neutre ni réseau de pairs disponible.


Le vrai danger : la fatigue et l’isolement des dirigeants

Depuis près de dix ans, le secteur encaisse crise après crise : attentats de 2015, mouvement des Gilets jaunes, pandémie Covid, inflation et aujourd’hui une nouvelle guerre au Moyen-Orient.


La sensation de vivre en mode crise permanent alimente la fatigue décisionnelle et un isolement croissant des dirigeants. Sans accompagnement, la solitude du dirigeant devient elle-même un facteur de risque pour la pérennité des établissements.


La question que beaucoup de directeurs et propriétaires se posent aujourd’hui en silence n’est pas seulement : « Quel sera mon RevPAR en juin ? » mais aussi : « Combien de temps encore puis-je tenir à ce rythme ? »



Des initiatives françaises qui montrent la voie

Dans ce contexte, certains acteurs français de référence n’ont pas attendu pour agir.

C’est le cas d’Hospitality ON et des équipes MKG, qui organisent pour leur mambres le 16/3 une session en direct réunissant Vanguelis Panayotis (CEO de MKG / Hospitality ON) et Adrien Lanotte (Chief Economist chez MKG) (lien cliquez ici)


Cette session répondra aux questions des professionnels sur l’impact sur le RevPAR, les scénarios pour 2026 et 2027, les stratégies de revenue management en période de crise et la recomposition des flux touristiques.


Cette démarche mérite d’être saluée clairement : les crises se gèrent mieux lorsque la profession partage ses données, ses doutes et ses scénarios en temps réel.


Le Cercle LC : retrouver le rôle joué pendant le Covid

Dans cette veine et pour proposer des solutions à tous les décisionnaires hôteliers le Cercle va ouvrir un cycle d'actions précises avec:


  • Rester accessible à tous les décideurs hôteliers francophones – France, Suisse, Belgique – qu'ils soient indépendants ou pas, en ville, à la mer ou en montagne.

  • Proposer des temps d'échange réguliers où l'on parle à la fois exploitation et capital: mix de clientèle, pricing, mais aussi dialogue avec banques, foncières, fonds, family offices.

  • Organiser dès la semaine prochaine des webinaires gratuits ouverts à toutes et tous, animés par des experts : revenue management en crise, sûreté et gestion du risque, marchés européens de substitution, santé mentale pour dirigeants et équipes.

  • Mettre en place une hotline gratuite pour les dirigeants hôteliers, inspirée des dispositifs déjà existants dans d'autres pays, pour parler à chaud, confronter ses décisions et sortir de l'isolement.


Pendant la crise Covid, Le Cercle des Hôteliers Indépendants a joué un rôle concret auprès des décideurs hôteliers francophones : tables rondes en ligne, échanges entre propriétaires et experts et discussions ouvertes sur la trésorerie, les équipes et les banques.


La différence venait avant tout de la disponibilité : un espace où un dirigeant pouvait confronter ses décisions et repartir moins seul face à ses choix.

Face aux incertitudes actuelles, cet espace collectif doit aujourd’hui être réactivé et élargi.


Comme le rappelle Vanguélis Panayotis dans son initiative récente, c'est bien le collectif qui fera briller la résilience de notre industrie. Le Cercle LC partage profondément cette conviction, et entend la mettre en actes, pas seulement en mots et en faire profiter le maximum d'entre nous


Conclusion : le collectif comme infrastructure de résilience

Le Cercle LC n’a pas la prétention d’avoir toutes les réponses.

Mais il peut offrir trois choses essentielles: un cadre de lecture collectif ancré dans la réalité terrain de nos hôtels, un réseau de pairs disponibles et francs, et cette ligne humaine permanente qui avait fait la différence pendant le Covid.


Nous ne savons pas combien de temps durera ce conflit ni comment il se combinera avec les prochaines secousses économiques et politiques françaises.

Une chose est certaine : continuer à naviguer chacun dans son couloir est aujourd’hui la voie la plus risquée.


Le moment est venu pour l’hôtellerie francophone de considérer le collectif non plus comme un confort mais comme une infrastructure de survie et de résilience.


Hôtelièrement Vôtre Oliver Steuermann


Inscriptions aux webinaires et

HOTLINE: Int. Gratuit: +33 (0) 805 69 51 51

MAIL contactez le Cercle LC contact@lecercle-hotels.com

FORMULAIRE DE CONTACT lien ici


Sources :

References

  • WTTC - World Travel & Tourism Council

  • Oxford Economics

  • Euronews

  • Atout France

  • Banque de France

  • Mabrian - Tourism Intelligence

  • Tourism Embassy

  • Al Jazeera

  • Reuters

  • Aviation Direct

  • Hurriyet Daily News

  • ISS Europa

  • Travel and Tour World

  • Sciences Po - Yulin Hao

  • Emerald Insight

  • Amadeus Hospitality

  • Boutique Hotel News

  • Institute of Hospitality

  • Hospitality Action

  • ASIS International

  • Christie & Co - Business Outlook Hotels France

  • TravelMole - French hotel industry outlook

  • Chambers - Investing in France

  • GRI Institute - European real estate analysis

  • Journal des Palaces - Investment & luxury hospitality

  • PwC - Family offices et marche des deals

  • HoliProject Switzerland - Alpine Hotel Investment

  • White & Case - Distress signal Europe M&A

  • Ocorian - Family offices on the acquisition trail

  • Roland Berger - Family offices trends

  • Hospitality ON / MKG - Vanguelis Panayotis & Adrien Lanotte, session en direct 16 mars 2026 & LinkedIn - Post de Vanguelis Panayotis, mars 2026



 
 
 

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